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Connaissez-vous les composants d'un biofilm ? Où en retrouve-t-on ? Je vous invite à découvrir tout cela ci-dessous !

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La notion de biofilm, ou film bactérien, a été découverte en 1683 par l’inventeur du microscope, Antoni Van Leeuwenhoek. Il a en effet observé cette structure sur la surface dentaire.

Un biofilm est composé de micro-organismes (bactéries principalement, mais aussi algues, champignons, protozoaires...) englués dans une matrice, qu’ils ont eux-mêmes produite. Cette matrice les lie entre eux, et lie l’ensemble au support. C’est la forme de vie la plus traditionnelle des micro-organismes. Cette structure leur permet de s’organiser, de communiquer, de se nourrir… pour survivre.

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Comme on le voit sur ce schéma, les bactéries s’arriment au support (1) grâce à leurs pilis et adhésines (systèmes remarquablement efficaces, même sur des surfaces “anti-adhésives"), se multiplient (2-3), produisent une matrice et s’y développent (4). L’ensemble peut ensuite relibérer les bactéries d’origine (5). La force de fixation du biofilm à son support évolue et se renforce avec le temps.

Un biofilm constitue donc une “réserve” de germes. Et cela peut poser problème…


On retrouve des biofilms partout : sur les surfaces de l’environnement, sur les végétaux, les animaux, et sur nos propres épidermes et muqueuses. Les surfaces portant des “salissures” sont d’autant plus intéressantes, car elles fournissent des substrats aux bactéries.

La matrice protège les bactéries de nombreuses attaques : physiques (arrachement par l’eau ou autres fluides, température…) et chimiques (détergents, molécules antibiotiques…). Les bactéries, ainsi à l’abri, peuvent se mettre au repos et s’économiser pour survivre plus longtemps. Les bactéries utilisent aussi le biofilm pour s’échanger du matériel génétique (plasmides). Elles peuvent ainsi faire profiter les copines des “bonnes astuces” : comment résister aux agents désinfectants, ou aux antibiotiques par exemple.

Ainsi, un patient présentant une infection à un certain germe pourra enchaîner les traitements sans réussir à guérir, car le germe se sera organisé en biofilm, inattaquable par les traitements antibiotiques, et relancera régulièrement l’infection. Idem pour les surfaces : à l’hopital ou dans l’industrie alimentaire, les biofilms peuvent être la cause d’infections récurrentes. Ce système peut être une piste pour expliquer le récent scandale Lactalis, des laits maternisés contaminés par une salmonelle. Les biofilms sont tellement résistants qu’il est très difficile, voire impossible, de s’en défaire.

A une échelle plus proche de nous, la vaisselle que l’on laisse sécher dans l’évier ou le lave-vaisselle est un excellent support à biofilm. Si elle est lavée tout de suite, le biofilm est facilement éliminable. Si on la laisse sécher, on sent déjà bien qu’il faut souvent gratter pour la ravoir, et si on avait un microscope pour y regarder de plus près, on se rendrait compte qu’une vaisselle ayant séché sale n’est pas aussi propre après lavage qu’une vaisselle faite de suite. De plus, cet article explique comment des germes pathogènes subsistent dans notre lave-vaisselle malgré les conditions extrêmes qui s’y produisent.

La plaque dentaire est aussi un modèle de biofilm : une fois le système bien installé, des molécules minérales viennent s’y ficher et la plaque dentaire devient dure et opaque, c’est le tartre. Il est résistant aux dentifrices, seule une action mécanique pourra en venir à bout (ce que l’on appelle un détartrage).

Alors que faire ?

Des recherches sont en cours pour trouver des molécules ou des techniques qui permettraient d’attaquer le biofilm pour arriver à se débarrasser des bactéries pathogènes qu’il contient. Des plantes et des huiles essentielles sont notamment analysées pour leurs effets antibactériens et pour leurs capacités à pénétrer et dégrader voire supprimer le biofilm (l'idée étant d'atteindre les bactéries, la matrice n'étant a priori pas gênante en elle-même). 

Concernant les biofilms de notre organisme, responsables d'infections à répétition, ou encore de problèmes locaux (inflammation des gencives par le tartre...), il est essentiel de restaurer les statuts en micronutriments pour assurer une bonne immunité. Avec un prélèvement de biofilm, on peut réaliser un aromatogramme pour déterminer la ou les meilleures huiles essentielles pour supprimer le biofilm. Un rééquilibrage des flores commensales fait également partie de la prise en charge à l'aide d'aliments et/ou de compléments alimentaires pré et probiotiques.

Pour les biofilms s'installant sur les surfaces inertes, la prévention reste le meilleur moyen de protection ! En milieu hospitalier ou dans l'industrie alimentaire par exemple, des conditions d'hygiène strictes permettent de contrôler le développement bactérien. L'action mécanique pour décrocher le biofilm (frottement, cisaillement...) est intéressante (tout comme pour la plaque dentaire !). Différents détergents existent à efficacité variable.

Les produits de dernière génération embarquent des enzymes, utilisent des ultrasons ou encore des molécules capables de déstabiliser la structure de la matrice. Et les recherches sont encore en cours ! Ce qui semble utile, au vu des enjeux sanitaires potentiels...

Yves

Apr 17, 2019
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(5/5
Bonjour, merci pour ces informations, je n'en imagninais pas tant ! Je vais faire un décrassage du lave-vaisselle de ce pas !!
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