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Les écrans

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Ils font partie de nos vies, de façon quasiment systématique. Du plus petit smartphone, à l'écran de télé géant, en passant par les tablettes en tous genres, les écrans nous rendent de nombreux services au quotidien. Mais ils sont aussi décriés pour leurs effets néfastes, voyons ensemble de quoi il retourne !

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A ce moment, vous avez les yeux rivés sur votre écran, de téléphone ou d'ordinateur. Normal, vous lisez cet article ;-)

Qui, de nos jours, peut se targuer de faire "zéro écran" ? Au boulot, à la maison, et même dans la rue... ils sont omniprésents. Nous passons ainsi plusieurs heures par jour à les regarder. Ce qui n'est pas sans conséquence pour notre corps.

Les conséquences sur le sommeil

Observons déjà de plus près la lumière : c'est un rayonnement électromagnétique, qui peut être issu de diverses sources (soleil, feu, éclair, lampes, écrans...). L’œil ne peut voir qu'une partie de ces ondes magnétiques, on appelle cela le spectre visible :

Spectre lumineux

Nous ne pouvons pas voir les autres rayonnements, l’œil humain n'en a pas la capacité, mais ils ne sont pas inoffensifs pour autant (voir l'article sur les rayons UV par exemple).

L'image ci-dessus vous expose les différentes couleurs qui composent le spectre visible. En temps normal, nous percevons la somme de ces couleurs, ce qui offre un rendu blanc (lumière du soleil par exemple). Nous ne pouvons observer le détail du spectre qu'à travers un prisme qui sépare les couleurs par exemple, ou encore lors d'un joli phénomène météo : l'arc-en-ciel.

La lumière est très utile pour notre physiologie : elle permet à notre horloge biologique de rester synchronisée avec la nature. Le système circadien est le plus sensible à la lumière de courte longueur d'onde, c'est à dire à la lumière bleue (qui est aussi la "couleur" la plus puissante et scintillante, d'où son usage dans de nombreuses technologies). Ces rayons inhibent la synthèse de la mélatonine, une hormone dont on entend beaucoup parler ces derniers temps...

La mélatonine est aussi appelée "hormone de l'obscurité" car elle ne peut être synthétisée qu'en l'absence de lumière. Son rôle est d'induire le sommeil. Physiologiquement, sa sécrétion commence en fin de journée et augmente au fur et à mesure que la lumière baisse, comme expliqué sur ce graphique :

mela.png

En consultant des écrans de façon prolongée en fin de journée (notamment), on retarde la montée de la mélatonine, et donc l'apparition des signes du sommeil. On se couche plus tard, mais le réveil sonne, lui, toujours à la même heure... On observe ainsi de plus en plus de syndromes de "retard de phase", surtout chez les adolescents et jeunes adultes. Ils travaillent ou jouent sur écran jusque tard dans la soirée voire dans la nuit, et leur vie sociale leur impose de se lever le matin, ce qui induit une dette de sommeil de plus en plus importante, et toutes les conséquences qui vont avec (stress, dépression, douleurs...). La médecine classique utilisera des somnifères et antidépresseurs, sans supprimer la véritable cause de ce décalage de phase...

Les LED, ces toutes petites ampoules très puissantes, utilisent le plus souvent de la lumière bleue pour être efficaces, avec toutes les conséquences que cela implique pour notre santé...

L'inhibition de la synthèse de mélatonine est un des problèmes liés à l'utilisation des écrans, mais il n'est pas le seul.

Les conséquences sur le cerveau

De nombreux contenus sont violents, agressifs, à caractère sexuel ou encore anxiogènes... Le rythme de diffusion des images est rapide, souvent accompagné de musique adaptée à l'image pour en accentuer l'effet. Nos émotions sont très sollicitées lorsque nous consultons les écrans. Et les publicitaires le savent, il en usent et en abusent pour faire passer leurs messages. 

Notre cerveau est très "plastique", c'est à dire que les connexions se font et se défont toute la vie, même à l'âge adulte. Il s'adapte donc aux informations qu'il reçoit. Si nous l'habituons à ingurgiter des données sans avoir à les trier, il ne fera plus l'effort de le faire quand il recevra des informations venant d'autres sources. La mémorisation est beaucoup moins sollicitée, puisque nous pouvons avoir accès à toutes les réponses dont nous avons besoin en pianotant sur nos claviers.

Avoir toujours un écran à portée de main perturbe l'attention : on est sans cesse coupé dans le travail entrepris par diverses notifications.

Les personnes qui passent beaucoup de temps sur des jeux vidéos peuvent avoir une perception de la réalité modifiée. Tout comme une personne qui ne sort jamais de chez elle et garde une chaîne d'information continue allumée en permanence... 

Les conséquences sur les yeux

Les effets des écrans sur nos yeux sont de deux types.

Déjà, le fait de fixer un écran fait que nous clignons moins des yeux, et entraîne une sécheresse oculaire (consultez l'article associé pour en savoir plus). Soutenir le regard peut provoquer fatigue oculaire, picotements, troubles de la vision, voire des migraines.

D'autre part, la lumière bleue dont nous avons parlé plus haut, peut être responsable de lésions de la rétine ou du cristallin, et se rend donc facteur de risque de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA).

Et les enfants ?

On en entend de plus en plus parler sur internet : pas d'écran avant 3 ans. Cette campagne a été lancée en 2008. En parallèle, ces 10 dernières années, les écrans se sont multipliés dans notre quotidien...

Les jeunes enfants sont très sensibles aux écrans, pour les mêmes raisons déjà évoquées ci-dessus. Mais qui ont des conséquences encore plus graves, puisque leur système nerveux est en plein développement.

J'ai toujours en tête cette image de dessins d'enfants, qui parle d'elle-même :

dessin_etude_inserm_television_enfant.jp

Le temps passé sur les écrans par l'enfant le pénalise à différents niveaux, et à tous les âges :

- Il y a tellement d'informations qui lui parviennent en même temps que l'enfant est comme hypnotisé par ce qu'il regarde. Cela excite son système nerveux, ce qui assure quasi systématiquement une crise quand on veut arrêter la séance.

- Pendant qu'il regarde la télé ou un smartphone, l'enfant ne joue pas, ne lit pas, n'interagit pas avec son environnement. Ces périodes sont pourtant essentielles pour la construction de son langage, de sa vision du monde qui l'entoure...

- L'enfant est soumis à des informations non contrôlées par un adulte s'il regarde seul un écran (publicités, violence...)

- S'il regarde la télévision avant de partir à l'école, son système nerveux mettra un certain temps pour "se calmer", et ses résultats scolaires peuvent en être affectés. De même s'il utilise un écran le soir, il risque de décaler son heure de coucher et d'avoir un sommeil de mauvaise qualité.

Voyez ce qu'en dit Boris Cyrulnik, neuro-psychiatre :

« Pas d’écran du tout avant trois ans. Les enfants sont hypnotisés par un smartphone et ils sont addicts en quelques jours. Ils deviennent addicts au smartphone qui les hypnotise, qui altère leur développement cérébral.

Un smartphone ou un écran n’établit pas d’interaction. Mon écran d’ordinateur ne m’a jamais souri. Or, un enfant ou un bébé a besoin de sentir l’autre. Il a besoin d’apprendre à décoder ces gestes, ces mimiques, pour se synchroniser avec l’autre.

S’il y a trop d’écran, il n’apprend pas les interactions, il a un trouble de l'empathie donc il est soumis à ses pulsions. Comme on le voit aujourd’hui chez beaucoup d’adolescents, garçons et filles, qui ne contrôlent pas leurs émotions et qui passent à l’acte ou bien contre eux-mêmes ou bien contre les autres. »

J'ai conscience qu'il est aisé de dire "pas d'écran avant 3 ans", mais qu'il est beaucoup moins aisé de l'appliquer. Comme pour toutes les addictions, il est plus facile de ne jamais commencer, que de devoir arrêter ensuite. Mais il n'est pas impossible, et de toutes façons jamais trop tard pour réduire l'accès aux écrans à un enfant qui en consomme trop. Il y aura quelques difficultés au départ, mais avec une bonne motivation des parents, c'est réalisable !

Dès tout petit, présenter au bébé les livres comme un objet précieux. Passer du temps à lire avec son enfant est un véritable investissement pour l'avenir. Renouveler régulièrement les ouvrages pour maintenir l'intérêt, et faire évoluer le type de livre au fur et à mesure que l'enfant grandit permettront de lui donner le goût de lire. Ainsi lors d'un moment de "creux" il ira plus spontanément vers un livre que vers un écran. En laissant les télévisions et ordinateurs éteints en présence des enfants, ils auront aussi moins tendance à les réclamer. Les jeux de société sont aussi une très bonne alternative : on passe alors d'un moment où l'enfant est seul devant la télé, donc complètement inutile voire nocif pour lui, à un moment de plaisir partagé en famille où l'interaction est le maître mot. 

A partir de 3 ans, établir des règles qui permettront à l'enfant de comprendre pourquoi à tel moment il peut regarder les écrans, et pas à d'autres. Par exemple nous autorisons la télé uniquement quand nous avons du monde à la maison ou quand nous sommes invités. Alors bien sûr, dès que les invités arrivent, il se met sur le canapé, mais en contrepartie il ne réclame jamais la télé quand nous sommes seuls à la maison.

Vous pouvez consulter et télécharger ici l'affiche de Serge Tisseron, "Apprivoiser les écrans et grandir". Elle donne de bonnes astuces pour réduire la consommation d'écrans de toute la famille !

Pour compléter mes propos, je vous conseille de lire, ou de d'écouter dans cette vidéo la conférence de Michel Desmurget, nommée TV Lobotomie :

Pour une bonne utilisation des écrans

Au vu de toutes ces données, on peut définir plusieurs précautions pour bien utiliser les écrans :

- Réserver l'usage des télévisions, smartphones, tablettes... à des activités d'intérêt, et éviter les contenus qui sont susceptibles d'avoir une répercussion négative sur le moral. Errer sur les réseaux sociaux ou passer du temps devant une chaîne d'information en continu n'apportent pas grand chose à notre santé, ni psychologique, ni physique. On peut ainsi gagner du temps chaque jour pour faire du sport, un jeu de société, se promener ou passer du bon temps en famille :)

- Limiter la durée passée sur les écrans : pour ne pas trop solliciter les yeux et l'esprit, pour ne pas perturber le sommeil, il est préférable de ne pas utiliser les écrans en continu, et d'arrêter toute consultation 1h30 à 2h avant l'heure du coucher, au profit d'une lecture ou d'une séance de relaxation par exemple. En fin de journée, on peut aussi utiliser des lunettes jaunes, qui filtrent les rayons bleus, pour limiter l'action de ces derniers sur le système circadien.

- Se fixer des créneaux pour regarder les écrans, et s'en réserver d'autres sans télé ni ordinateur. Pour une bonne santé, il sera ainsi nécessaire de manger dans le calme, sans écran; le matin avant l'école on préférera un livre ou un jeu calme...

- Respecter au maximum les règles de bon usage des écrans pour les enfants... 

Et chez vous quelles sont les règles pour la gestion des écrans ?

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