La maternité aux Pays-Bas Expand

La maternité aux Pays-Bas

Nouveau

Afin de continuer notre tour du monde de la maternité, Marie nous fait part de son expérience aux Pays-Bas.

Plus de détails

0
0/5 - 0 commentaire(s)

Je suis Marie, 31 ans, mariée à un franco-néerlandais et maman d’une petite fille de 11 mois. Nous vivons depuis juillet 2018 en Savoie, d’où nous sommes originaires, après avoir vécu 7 ans à Amsterdam où est née notre fille. Et le retour a été rude. En tout cas pour moi.

amsterdam-1150319_1280.jpg

Je suis tombée enceinte très rapidement après notre décision d’avoir un enfant. J’étais dans un état d’esprit détendu et serein, même si je n’avais pas vraiment d’idée sur la façon dont la grossesse serait prise en charge. J’avais eu des infos plutôt contradictoires de la part d’amies qui avaient eu leurs enfants aux Pays-Bas. Certaines avaient vécu le système néerlandais très mal, d’autres très bien. Moi je partais assez confiante.

Lorsque je suis tombée enceinte, on m’a dit qu’il fallait que je choisisse un cabinet de sage-femmes qui me suivrait tout au long de ma grossesse. J’ai regardé les avis, la proximité géographique et j’ai appelé. J’ai eu au bout du fil une femme très bienveillante qui m’a expliqué les différentes étapes et leur fonctionnement. Elles sont plusieurs sage-femmes à travailler dans ce bureau, et c’est l’une d’entre elles qui m’aidera à accoucher. Elles m’ont demandé si je souhaitais accoucher à l’hôpital ou chez moi, puis ce sont elles qui se chargent de réserver la place à la maternité. Une vraie tranquillité d’esprit.

autumn-1850044_1280.jpg

Aux-Pays-Bas, il n’y a que deux échographies obligatoires. Une à la 10/12e semaine, une à la 20e semaine. Par contre, si on souhaite en avoir plus fréquemment, c’est tout à fait possible, simplement elles ne seront pas prise en charge par l’assurance. De mémoire une écho coûte 40€.

Les rendez-vous sont tous les mois au début, puis de plus en plus rapprochés à mesure que la date prévue d’accouchement approche.

Si la grossesse se passe bien, pas de prise de sang tous les mois, simplement un contrôle de tension, une petite piqûre au doigt pour contrôler mon taux de fer…et c’est tout ! Pour le reste, c’est palpation du ventre et contrôle du cœur du bébé et voilà. On parle de mes sensations, mes craintes…etc…Je me suis sentie écoutée, apaisée, traitée de façon extrêmement bienveillante et respectueuse, avec beaucoup d’humanité. Pas de surmédicalisation, pas de leçon. Rien. Je n’ai jamais été pesée, parce que j’étais en forme et clairement pas en surpoids, donc la sage-femme n’a pas estimé nécessaire de me stresser avec mon poids. Une grossesse sereine et tranquille, bien accompagnée.

En parallèle de mon suivi chez les sage-femmes, j’ai dû aussi choisir un bureau de « Kraamzorg », qui doit se traduire par Auxiliaire de puériculture en français. Ce sont elles qui me allaient me prendre en charge après l’accouchement.

Une fois mon choix effectué, les sage-femmes prennent contact avec les auxiliaires de puériculture pour se coordonner lorsque j’aurai accouché. Aux Pays-Bas, les sage-femmes nous accouchent, à la maison ou à la maternité, sans corps médical autre s’il n’y a pas de complication, puis nous rentrons très vite à la maison, où l’auxiliaire de puériculture prend le relais pendant 8 jours afin de suivre le bébé et aider la maman dans son nouveau rôle. Cela va de conseils sur le sommeil, le premier bain, accompagnement à l’allaitement, au ménage et à la cuisine et bien sûr à la surveillance du bébé pendant que la maman se repose.

mother-15522_1280.jpg

Au niveau de mon accouchement, là aussi un accompagnement idéal. Je savais par les sage-femmes et les cours de préparation à quel moment je devais appeler la sage-femme pour l’informer de l’avancée de mes contractions. Cela a commencé à 22h chez moi. A 0h00 la sage femme vient, constate que mon col est ouvert à 3 et ce n’est donc pas suffisant pour se rendre à la maternité. Elle repart, je souffre le martyr mais je suis dans mon cocon pour gérer ces contractions. A 3h elle revient et constate que mon col est à 4/5 et que si je veux la péridurale (ce qui était mon cas), nous devons partir. Nous prenons un taxi jusqu’à la maternité, puis une infirmière contrôle à nouveau mon col et me dit qu’étant ouverte à 7, il était trop tard pour la péridurale (j’ai compris plus tard que je pouvais en fait avoir la péridurale mais que l’infirmière a décrété que j’étais capable d’accoucher naturellement). C’est le seul point que j’ai à reprocher au système néerlandais. N’étant pas du tout pro péridurale, ils font un peu le forcing pour ne pas la faire. Heureusement que mon accouchement n’a duré que 5h, et sans encombre parce que j’aurais très mal vécu ce refus sinon, qui me semble être à l’encontre de la liberté de disposer de son corps.

Par contre, j’ai pu choisir librement la position dans laquelle je voulais accoucher. En l’occurence j’ai géré les contraction sous la douche chaude, puis c’est allé très vite, j’avais tellement mal que je ne pensais même plus à la position dans laquelle je voulais accoucher, donc j’ai accouché sur le lit, pieds dans les étriers. Ça m’a très bien convenu.

J’ai accouché à 6h, je suis rentrée chez moi à 8h30, puis l’auxiliaire de puériculture est arrivée à 9h00. Elle m’a aidée à mettre ma fille au sein, a répondu à toutes mes questions, m’a aidé à m’organiser et à m’occuper de mon bébé.

La mise au sein s’est faite instantanément et facilement, grâce aussi à l’auxiliaire de puériculture qui m’a donné toutes les astuces pour ne pas avoir de crevasses et gérer la montée de lait. Elle connaissait mon désir d’utiliser des méthodes le plus naturelles possibles et m’a donc orienté en ce sens.

Nous avons crée un lien tellement fort que nous nous donnons des nouvelles encore maintenant.

Aux Pays-Bas, 80% des femmes allaitent à la naissance, puis cela passe à 39% après 6 mois.

Cet accompagnement permet à la jeune maman d’être chez elle, donc dans un environnement familier, au calme, et avec ses repères et ses affaires, ce qui rend beaucoup plus faciles les premiers jours et limite à mon sens la perte de repères et un potentiel baby blues.

Niveau congés maternité, les Pays-Bas offrent le même nombre de jour qu’en France, par contre, il n’y a que 2 jours pour le papa !! Et je crois que cela passe à 5 semaines en 2020.

Nous sommes rentrés en France au 1 mois et demi de Sasha, donc je n’ai pas eu à chercher un mode de garde à Amsterdam, mais je sais que les places en crèche sont comme à Paris, très chères et convoitées. Je sais aussi que le système scolaire y est très différent de la France dans la mesure où il n’y a pas d’école publique. L’Etat et le ministère d’Education Nationale établissent un tronc commun et des directives mais les écoles sont privées. Il y a donc beaucoup d’écoles Montessori, Dalton etc.

 picnic-2659208_1280.jpg

Un autre point que j’ai découvert aux Pays-Bas et que j’ai décidé d’appliquer pour ma fille, est la DME (Diversification Menée par l'Enfant). Cette approche de la diversification ayant été traduite et adaptée par un néerlandais, Kleintjes (Kleintjes methode) elle est beaucoup plus connue là bas. Je ne dirais pas qu’elle est majoritaire, mais elle est connue. En France, lors de la diversification de ma fille, j’ai essuyé de nombreuses peurs et critiques, de personnes ne connaissant pas la méthode, jusqu’à ce qu’elles constatent l’évolution de ma fille, sa motricité fine et son appétit, et elles sont devenues les premières fans !

---------------------------

Merci Marie pour ce joli témoignage ! Votre expérience me fait penser aux maisons de naissance qui s'installent timidement en France ces dernières années. 

Je constate que les sage-femmes et auxiliaires de puériculture ont la place principale pour accompagner les femmes pendant leur maternité. On sent que la grossesse est beaucoup moins médicalisée, ce qui pourrait être un plus pour le moral de la maman si on l'appliquait en France :)

Aucun commentaire pour le moment


Ajouter un commentaire