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Don d'organes

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Nous fonctionnons tous avec les mêmes organes, et parfois certains d'entre nous ont besoin d'un organe de remplacement... D'autres sont là pour le leur offrir. Voyons ensemble de quoi il retourne !

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Ce 17 octobre célèbre la journée du don d'organes et de la greffe.

C'est quoi une greffe ?

Une greffe est une opération chirurgicale visant à remplacer un organe ou une partie d'organe par un autre équivalent.

On distingue la greffe, opération sans raccord vasculaire, de la transplantation, où des vaisseaux doivent être raccordés (par exemple greffe de peau, transplantation de rein).

Le greffon ou le transplant peuvent provenir soit du patient lui-même, cela concerne les tissus ou les cellules, et on parle d'autogreffe.

L'allogreffe correspond à une transplantation entre  êtres de la même espèce. C'est ce qui se fait le plus couramment. Les liquides et fonctions biologiques sont compatibles, ce qui facilite la réussite de la greffe.

Enfin la xénogreffe se fait entre  individus d'espères différentes mais proches génétiquement. C'est encore au stade expérimental à ce jour. L'espèce porcine est la plus étudiée pour la taille de ses organes qui se rapproche de celle des nôtres.

Peut-on greffer tous les organes ?

Théoriquement, les possibilités sont nombreuses : cornée, peau, valves cardiaques, coeur, poumon, foie, pancréas, reins, intestins, tendons, ligaments, veines et artères, os, moelle osseuse...

Ces dernières années, des mains et des parties du visage ont été transplantées avec plus ou moins de succès.

Le problème majeur, outre la barrière technique, se concentre dans la compatibilité entre donneurs. En effet, notre système immunitaire fonctionne en reconnaissant le soi (nos cellules) du non-soi (toutes les cellules étrangères à notre corps). Heureusement pour nous il sait tolérer une certaine partie de non-soi. Mais un greffon tout juste arrivé a beaucoup de risques de se voir rejeter par le système immunitaire : la cicatrisation ne se fait pas et l'organe ou la partie d'organe greffé ne peut pas survivre, il est détruit par l'organisme qui veut s'en défaire.

Ce système de tolérance immunitaire repose sur plusieurs facteurs, notamment le groupe sanguin, et le système HLA. C'est pour cette raison qu'une autogreffe est idéale, l'organisme reconnaîtra le greffon et il s'intégrera sans soucis. Mais les possibilités d'autogreffe restent très limités.

Dans les cas d'allogreffe, le minimum obligatoire est la compatibilité du groupe sanguin. En effet tous les organes sont vascularisés et/ou en contact avec le sang, il est ainsi nécessaire que le groupe et le rhésus soient compatibles.

A ce sujet, je vous fais une parenthèse sur l'allo-immunisation rhésus foeto-maternelle : lors d'une grossesse, quand la maman est de groupe sanguin négatif et son bébé positif, la situation peut devenir problématique. Il y a toujours un passage, faible mais existant, de cellules sanguines fœtales dans le sang de la maman. A cet endroit, étant rhésus +, elles sont reconnues comme du non-soi et la maman produit des anticorps pour les détruire. Malheureusement, ces anticorps peuvent passer le placenta et se retrouver dans l'utérus, où ils vont attaquer le bébé. Il existe des traitements préventifs anti-anticorps, et aujourd'hui il est même possible de prélever ces cellules fœtales dans le sang maternel pour déterminer le groupe sanguin du bébé, et prendre les mesures qui s'imposent.

Une petite vidéo pour vous expliquer tout ça :

Parenthèse terminée, revenons à nos moutons.

Dans quelles situations peut-on greffer un organe ?

- A partir d'un donneur vivant : une personne en bonne santé et compatible avec le patient attendant une greffe peut parfaitement lui donner un organe. Cela concerne surtout le rein, ou une partie de foie (qui se régénère) ou de poumon. Ce don entre personnes vivantes est strictement encadré par les lois de bioéthique (le donneur et le receveur doivent être des personnes proches). L'intérêt est de s'affranchir du caractère d'urgence, et de programmer les interventions en toute sécurité pour les 2 patients.

- A partir d'un donneur décédé : dans certaines conditions, il est possible de prélever les organes de patients en état de mort cérébrale (le cœur fonctionne encore mais le cerveau est détruit) ou après un décès par arrêt cardiaque. Les situation où toutes les conditions sont réunies pour pouvoir prélever les organes ne sont malheureusement pas si fréquentes que le nombre de décès...

Quelques chiffres...

En 2018, environ 5800 greffes ont été réalisées (sur un besoin potentiel de plus de 24000 patients).

Plus de 3500 greffes concernaient le rein. Nous possédons chacun, en théorie, 2 reins. Mais nous sommes capables de vivre avec un demi rein en bonne santé. La dialyse permet de pallier à une défaillance de la fonction rénale, tout en étant une prise en charge particulièrement lourde pour le patient. La greffe de rein est donc une solution idéale pour cette situation.

Plus de 1300 organes greffés sur les 5800 étaient des foies. Cet organe a la capacité de se régénérer si on en a une partie suffisante.

Dans le quart restant on retrouve le coeur, le poumon, le pancréas, et très peu d'intestin.

540 dons provenaient de donneurs vivants.

Et après ?

Le donneur s'il est vivant cicatrisera et son organisme s'adaptera à l'absence de l'organe en question.

Le receveur quant à lui devra également cicatriser de son intervention chirurgicale, mais il aura aussi un traitement à vie, par voie orale, pour "tolérer" son greffon. Ces traitements, appelés communément "anti-rejet", visent à diminuer l'action du système immunitaire du patient pour qu'il ne rejette pas la greffe. Ils ne sont pas sans conséquence, car ils l'exposent ainsi à d'autres risques (cancers, infections...).

De hautes doses de cortisone sont souvent associées,dont les effets indésirables sont nombreux (modifications des phanères, rétention d'eau, ostéoporose...)

Je donne ou pas ?

Un don d'organe de son vivant est une décision mûrement réfléchie et choisie par le donneur.

Le problème se pose en cas de décès. Depuis 1976, chacun est présumé donneur sauf s'il a exprimé son refus de son vivant. En 2016, la modernisation de la loi de santé a rappelé ce principe, en créant le registre national des refus, sur lequel chacun est libre de s'inscrire ou de se désinscrire à tout moment. 

En 2018, environ 30% des français sont opposés au don d'organes. La décision est évidemment propre à chacun, mais le plus important, c'est de se poser la question et d'en exprimer la réponse à ses proches.

Devoir répondre à la question "a-t-il choisi de donner ses organes ?" pour un proche décédé est une épreuve pour les personnes à qui on la pose, s'il n'ont pas été informés en amont...

Depuis 2018, l'agence de biomédecine a choisi de ne plus diffuser de carte de donneur d'organe, pour ne pas "brouiller les pistes", chacun étant systématiquement un donneur potentiel s'il n'a pas exprimé son refus.

Ainsi, vous pouvez signaler à vos proches par un mail par exemple, votre volonté ou votre refus de donner vos organes. Vous pouvez également en informer votre médecin traitant, et l'intégrer prochainement à votre DMP (Dossier Médical Partagé).

Si vous refusez le don d'organes, quelles qu'en soient les raisons, inscrivez-vous sur le registre national des refus, seule référence faisant foi à ce jour :

Inscription au registre des refus

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